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(détails)
un canon d'assaut allemand "Marder" de 75mm, détruit
du côté de Trévières

(détails)
Le bois de Safray
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"Je décidai alors de pousser
une exploration vers Vacqueville, hameau où habitait
un tâcheron à qui j'avais prêté
ma seconde bicyclette et qu'il avait promis de me ramener
le mardi (donc le 6 juin). Je pris donc la route
de Formigny et passé les virages des Isles la première
petite route à droite. Entre les deux virages, adossés
au talus, deux Mongols (des "OstTruppen" engagés
comme auxiliaires dans la Wehrmacht) regardaient le
soleil, leurs deux petits chevaux avaient été
tués comme eux, mais le harnachement en beau cuir rouge
de Russie avait déjà disparu et ne les reliait
plus à deux petits chariots à roue de fer qui
leur servaient à assurer les corvées de transport
qui leur étaient commandées.
Poursuivant ma route j'arrivai à la ferme de Vacqueville.
Elle avait brûlé et la maison de notre tâcheron
également; dans les décombres de sa remise j'aperçus
les restes déjà rouillés de ma bicyclette.
Revenant sur mes pas je pédalai sur la route de Formigny,
me promettant de ne pas dépasser la limite de la commune.
A cet endroit précis, au bois de Saffray, un blindé
allemand (probablement un canon d'assaut Marder du
352ème "Panzerabteilung") avait été
stoppé par un projectile qui avait fait un grand trou
à la place du conducteur dont on apercevait le squelette
de la tête. Le tank en feu avait été abandonné
par le reste de ses occupants qui gisaient morts dans le fossé
ayant été fauchés à leur sortie.
A ma connaissance c'était le seul blindé
allemand qui ait réussi à pénétrer
sur le territoire des trois communes d'Omaha-Beach après
le D Day.
(Désirant avoir des nouvelles du tâcheron, je
refis plusieurs jours de suite le même trajet. Le lendemain,
le vendredi 9 juin, le tank avait disparu ainsi que les deux
petits chariots; le samedi (10 juin) on enterrait
les chevaux.
Dimanche (11 juin) les deux Mongols regardaient
toujours le soleil, mais de leurs yeux sans paupières
et des vers grouillaient dans leurs bouches sans lèvres.
Pauvres bougres de mercenaires qui n'avaient vécu que
pour leurs petits chevaux et ne s'étaient engagés
que pour subvenir à leurs besoins!
Durant la semaine je ne m'aventurai pas plus loin vers le
Sud car on entendait tirer vers Trévières, toujours
occupé par des Allemands encerclés; les tirs
des navires de guerre continuaient et nous entendions
des gros obus passer au-dessus de nos têtes avec un
bruit d'étoffe déchirée.)
Je repassai par notre demeure pour prévenir ma mère
qu'elle serait sans homme de journée pendant un certain
temps et, désirant compléter mes explorations,
je m'engageai sur la route de Saint Laurent."
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