croquis établi sur la base des
indications de Michel Hardelay
(détails)
La DCA des navires en action la nuit contre les incursions
de bombardiers allemands
(des porteurs de bombes guidées,
systématiquement brouillées par les
Américains, et des poseurs de mines marines, qui
ont été plus efficaces)
(détails)
la maison où habitait Michel Hardelay le 6 juin,
au fond d'une impasse orientée vers le Nord
(détails)
Les GI sont entrés dans Vierville par le Hamel au
Prêtre. Immédiatement à gauche, l'épicerie
Dumont et devant, l'entrée de l'impasse où
se trouvait le logement de Michel Hardelay
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Souvenirs de Michel
Hardelay: (6 juin après-midi
et soir)
"Nous pûmes déjeuner et dîner presque normalement,
mais rapidement car il y avait toujours des obus de mortiers
allemands tirés à partir de positions de repli
dans les haies vers la plage ainsi que quelques balles perdues
qui passaient en sifflant.
Par contre je vis très peu de soldats passer devant l'épicerie
et arrivant de Saint-Laurent (et pour cause St Laurent
n'était pas libéré, et aucun renforts américains
n'est monté par la falaise après 9h00 ou 10h00).
Je profitai des moments d'accalmie pour aménager notre
abri pour la nuit: j'enlevai les fagots, surélevai les
épaulements de 20 cm. A l'aide de poutres, plaçai
un matelas dans les deux mètres de la tranchée
esquissée, posai deux vieilles tôles en travers
des poutres et replaçai dessus les fagots.
(Cela constitua
par la suite une bonne protection contre les éclats d'obus
de la D.C.A. américaine qui n'était pas avare
de ses tirs la nuit, dès que des avions allemands essayaient
de s'approcher du port artificiel.)
Je disposai un transatlantique des coussins et des couvertures
pour ma mère, et, au crépuscule, avant
de m'étendre sur le matelas, j'allai jeter un coup d'œil
dans la rue.
J'entendis
d'abord un grincement de chenilles, puis je vis surgir au carrefour
et venant de la plage un véhicule informe avec tourelle
d'où sortait un canon. Il tourna devant l'hôtel
des Touristes (la Pie qui Tette aujourd'hui) et
se dirigea vers l'Ouest. J'appris par la suite que c'était
un tank amphibie encore nanti de ses jupes.
Mais où
s'étaient terrés les Américains? (ils
étaient dans les champs bordés de haies, aux Isles,
à l'Ormel, dans les dernières fermes de la route
de Grandcamp, au carrefour, dans la carrière de la descente
et bien sûr sur la plage)
Avant de m'endormir
je songeai à l'ordre de réquisition que m'avait
remis, la veille, le père Louis, le garde-champêtre,
pour la garde de la voie ferrée près de Saint
Martin-de-Blagny le 11 juin, c'est-à-dire le dimanche
soir. J'avais déjà participé à cette
garde, partagée avec sept autres habitants de Vierville.
Ce n'était pas désagréable l'été
si ce n'était la fatigue provoquée par le parcours
de quelques 25 km. à bicyclette; par contre mes compagnons
seraient des joyeux drilles et j'aurais l'occasion d'entendre
toutes les histoires du pays sur les faux couples, les cocuages
et autres grivoiseries, car seraient présents les trois
principaux fermiers du coin, dont le gros Louis, qui avait la
langue bien pendue, et le boulanger qui en connaissait de drôles.
Mais
les Américains tiendraient-ils leur tête de pont
et me dispenseraient-ils de cette corvée?
Savaient-ils
que quelques ombres furtives étaient en train de gagner
des points stratégiques et leur mèneraient la
vie dure le lendemain ?"
(détails)
L'épicerie Dumont au début de la rue du
Hamel-au-Prêtre
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(détails)
La rue Pavée, la boulangerie est au milieu à
gauche. Au fond le carrefour principal de la poste et
de l'école, avec le restaurant "A La Pie qui
Tette"
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