(détails)
La gare routière (à l'époque
où c'était encore une
gare de train)
(détails)
L'hotel Pignolet (à La Pie qui Tette) et la gare

Louis Coliboeuf
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A
la gare routière:
("Ces renseignements ont
été recueillis auprès d'un des deux fils
du père Louis (Coliboeuf), devenu mon beau-frère
quatorze ans après.")
"A la suite
de l'incident qui bloqua le carrefour au passage des fantassins,
le commandement - installé la veille au soir dans la
petite carrière de la rue de la Mer, carrière
qui devait être par la suite énormément
exploitée par le Génie U.S. pour déposer
en enrochements d'accès - décida de la fouille
des maisons et de l'internement temporaire des civils habitant
à l'Ouest du carrefour, pour vérification d'identité.
A la gare
routière chaque unité passant devant le bâtiment
et apercevant le trou noir de l'entrée de la cave
faisait sortir ses occupants qui y avaient passé
la nuit en compagnie de leur chien et d'un cochon qu'ils engraissaient.
Certains avaient même tiré quelques coups de revolver,
les balles avaient ricoché sur les murs et provoqué
la sortie de la mère Jeanne (Coliboeuf),
furibonde. Celle-ci avait empoigné les deux revers du
battle-dress de l'officier et lui avait crié "Il
y a des enfants dans cette cave, vous voulez nous tuer tous?"
Suivant
les décisions prises le père Louis et ses deux
fils furent donc priés de sortir de la cave et, accompagnés,
furent conduits à la carrière. On avait ordonné
aux hommes de mettre les deux mains sur la nuque, mais le père
Louis avait refusé en disant :
"Ce
n'est pas à un français qui a fait la guerre 1914-1918
qu'un américain doit demander cela".
Ils furent donc tous trois emmenés jusqu'à la
carrière, vers 10 h1/2 et là ils retrouvèrent
une cinquantaine d'hommes de l'entreprise TODT qui avaient évacué
le château, du moins je suppose les ouvriers originaires
de pays alliés, les cadres et les autres préférant
suivre les Allemands.
La troupe partit pour les rives du Ruquet, à Saint-Laurent
vers 11 heures. Le parcours fut sans histoire et relativement
facile, si ce n'étaient les épaves de matériel
à contourner et la vue de nombreux cadavres de G.I. entassés
sur le trottoir bordant la mer, surtout dans le secteur "DOG
RED" (devant St Laurent) où ils étaient
parfois sur quatre épaisseurs.
Arrivés
à Saint-Laurent, à la suite d'un ordre donné
à leur insu au chef du convoi, on vint leur dire qu'ils
pouvaient, tous trois, retourner à leur domicile de
Vierville.
Mais
le trajet du retour fut tout différent du trajet de l'aller,
un calvaire à la place d'une promenade. Les allemands
avaient amorcé leur contre-attaque et des obus de mortiers
et de canons de plus gros calibre tombaient au hasard
sur la plage; ils durent, maintes fois, s'aplatir en catastrophe,
parfois à côté d'un cadavre, pour échapper
aux éclats. Ils mirent ainsi plus de deux heures pour
revenir à la sortie de plage de Vierville et regagnèrent
leur cave peu avant le rassemblement des civils où ils
n'étaient pas conviés (à 17h00).
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