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(détails)
Mine "S", anti-personnel
(mine bondissante)
(détails)
Mine "Tellermine", antichar
et obus piégés
(détails)Plan
des obstacles de la plage, devant Vierville
Carte Allemande des WN (détails)

(détails)
position des unités allemandes autour de Vierville et d'Omaha
Beach

Les plans de tir d'une batterie d'artillerie de campagne

(détails)
Un croquis Allemand du printemps 44
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Les
défenses allemandes d'Omaha Beach
Les obstacles sur la plage
et au pied de la falaise
En
1944, à partir de mars, les Allemands avaient commencé la construction
d'obstacles sur toute la plage.
Ce réseau, conçu pour couler ou stopper des bateaux de débarquement,
était toujours en cours de complément le jour
J à Vierville, voir souvenirs
de Michel Hardelay .
Il
était constitué de plusieurs lignes discontinues d'obstacles divers,
souvent minés et piégés, des "éléments C Cointets"
ou "portes Belges", des pieux en bois, des rampes en bois et des hérissons
en cornières d'acier. Ces
lignes étaient disposées sur l'estran, entre 250m et 100m de la
laisse de haute mer. Les
troupes attaquantes, après avoir atteint le talus de galets bordant le
sable (ou la digue de front de mer qui s'étendait sur 600 mètres
seulement à l'époque, de la descente de Vierville jusqu'à
la villa Hardelay), devaient encore traverser une étroite bande de terrain
plat pour atteindre les falaises. La plupart des villas qui s'y trouvaient
avaient été démolies par les Allemands mais certaines
étaient encore en cours de démolition.
En effet les Allemands récupéraient pour leur usage toutes les pièces
de charpentes pouvant servir dans les abris qu'ils construisaient.
Les
Allemands avaient disposé des mines et des barbelés pour ralentir
un mouvement au-delà du banc de galets, mais ces obstacles n'étaient
pas continus.
Presque
tout le long de la plage, une rangée de fil de fer barbelés
"concertina" (en cerceaux) était placée
au-dessus du talus de galets; à l'extrémité ouest, ces barbelés
étaient placés sur le sommet de la digue de front de mer.
Des champs de mines disséminées
irrégulièrement, habituellement balisés par des pancartes
(mais celles-ci indiquaient souvent des champs de mines fictifs), s'étendaient
sur le terrain plat derrière les barbelés et parfois sur les pentes
des falaises. En plus des mines Allemandes anti-personnel ordinaire (S-Minen ou
mines "bondissantes"), il y avait aussi des pièges
(charges de T.N.T. recouvertes de pierres et mises à feu par fil tendu,
quelquefois dans l'épaisseur du concertina), des mines ordinaires piégées,
et des mines Françaises diverses. Les
points fortifiés "WN" ("WiderstandNester" ou "nid de résistance")
De l'Ouest à
l'Est on pouvait compter de nombreuses zones fortifiées dénommées
WN 76 à 60 :
WN
76, à l'ancien sémaphoree (STP Le Guay), il protégeait
la station radar d'Englesqueville
(équipée de radars de la Luftwaffe et de la
Kriegsmarine)
WN 74, à la Pointe de la Percée,
avec 2 canons de campagne de 76mm.
WN 73, autour de la "maison Gambier", avec
des positions de mortiers et un canon PAK de 75mm.
WN
72, à l'Ouest de la descente de Vierville,
avec 2 bunkers bétonnés renfermant 2 canons (88mm antichar et 50mm).
WN
71, à l'Est de la descente, avec des positions de mortiers,
WN 70,
au dessus de la villa Hardelay, encore très sommairement aménagé,
avec un gros bunker encore en construction, et peut-être un 75mm PAK non
protégé. WN
69, PC allemand dans le quartier ouest du bourg de St-Laurent, avec une
batterie de Nebelwerfer. WN
68 et WN 66, de part et d'autre de la descente
de Saint-Laurent, avec des canons antichars de 50mm et des mortiers. WN
67, une position défensive factice voisine du WN 66, au nord du
bourg de St-Laurent et en bordure de falaise. WN
65 et WN 64, de part et d'autre de la descente
du Ruquet, avec des canons antichars de 50mm et des mortiers. WN
63, PC allemand dans le bourg de Colleville WN
62, WN 61, WN 60,
au nord de Colleville, avec des canons antichars ou
de campagne de 88, 75 et 50mm, et des mortiers.
Ces WN formaient des positions
discontinues, placées presque toujours de part et d'autre des vallons
qui traversaient la falaise. En effet les Allemands n'avaient pas assez de
troupes pour garnir cette falaise sur toute sa longueur. Les
positions de feu allemandes étaient donc disposées de façon
à couvrir la plage et le bord de la plage par un feu direct , de face
et de flanc en enfilade, à la fois plongeant et rasant, de tous types
d'armes, du fusil au canon antichar de 88mm, en passant par des mortiers. De
nombreuses mitrailleuses étaient
les armes de base de ces emplacements. Il y avait une position de lance fusées
Nebelwerfer à Saint-Laurent. De plus plusieurs observatoirs
d'artillerie étaient en liaison téléphonique avec les batteries
d'artillerie de campagne (obusiers de 105 et 155mm) camouflée à
l'intérieur des terres. Ces batteries pouvaient donc efficacement battre
toute la plage en tir indirect..
L'observation de toute la zone d' Omaha et les tirs
de flanc étaient facilités par la courbe en croissant du rivage.
Les positions entre Vierville et la Pointe de la Percée étaient
particulièrement dangereuses, prenant en enfilade toute la plage. Toutefois
les tirs à trop longue portée de flanc étaient peu précis,
génés souvent par la fumée, et probablement peu pratiqués
par rapport aux tirs sur les objectifs les plus proches.
Chaque
point fortifié était un système complexe de casemates
bétonnées ou non, de positions découvertes ou enterrées,
de tranchées, d'abris, entourés de champs de mines et de barbelés.
Les éléments étaient reliés les uns aux autres et
aux abris souterrains et dépôts par des tranchées profondes
et souvent par des tunnels.
Les
importantes zones vides situées entre les points forts étaient supposées
protégées par les tirs de flanc, les champs de mines, et par quelques
tranchées, trous d'hommes et nids de mitrailleuses le long de la crête.
La ligne de défense n'était pas continue, mais il n'y avait aucune
zone de plage qui ne soit pas couverte par le réseau des tirs défensifs.
Presque toutes les armes, canons
comme mitrailleuses, étaient placées d'abord pour tirer latéralement
le long de la plage. La défense d'un secteur donné dépendait
autant des tirs de flanc d'une position voisine que des emplacements dans le secteur
lui-même. Les points
forts étaient pour la plupart situés près de l'entrée
des vallées barrées à leur pied par un mur antichar et
un fossé antichar.
Souvenirs
de Michel Hardelay:
"Une grande excavation dont le fond était miné avait été
creusée en travers de la route à l'amorce de sa montée à
l'hôtel du Casino; elle était suivie d'un mur anti-tank de un mètre
de large à la base, de deux mètres de haut et s'appuyant sur un
mur de soutènement au Sud et sur le blockhaus du canon de 88
(en fait un long canon de 75mm antichar) au Nord; une chicane de
65cm permettait le passage d'un homme au centre." | Début
juin, les Allemands étaient toujours en train de compléter et de
renforcer ces points forts, notamment celui au-dessus de la villa Hardelay qui
était bien loin d'être achevé. En fait
ous les WN étaient encore en plein développement
à la date du 6 juin 44, et il y avait de très nombreuses casemates
bétonnées en cours de construction.
Ces
WN étaient occupés par 4 compagnies de la 716ème division
et 2 compagnies de la 352ème division, soit au total environ 1500 hommes.
Il fallait y ajouter la batterie de Nebelwerfer, les observateurs de l'artillerie
de campagne, les servants des radars d'Englesqueville, et quelques hommes en observation
permanente de la Marine (à Vierville et peut-être à Colleville?)
et de la FLAK (à St-Laurent).
(voir
aussi les souvenirs d'un soldat Allemand
en garnison à Colleville de 1943 jusqu'au Débarquement) |