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Le Génie
sur la plage de Vierville
dans la matinée et au début
de l'après midi
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(détails)
schéma des diverses pénétrations des
falaises vers Vierville

(détails)
De la villa Coffignal à celle de Jacques Marchal.
On peut parfaitement voir 11 chars sur la route et sur ce
qui reste de plage à la pleine mer. Il est probablement
12h30, la mer a commencé à redescendre, on voit
une double ligne d'épaves avec les corps des fantassins
des compagnies A et B/116, tués ou noyés devant
Vierville et que la marée montante et le courant portant
à l'Est a déposé sur la grève.
D'autres GI sont réfugiés au pied de la digue,
blessés ou choqués et épuisés.

(détails)
Sur cette photo de la plage Dog Green (la
villa Hardelay à droite), on peut parfaitement voir
11 chars sur la route (7) et sur ce qui reste de plage à
la pleine mer (3 + 1 à cheval sur la digue).

(détails)
Sur cette photo, plus large vers l'ouest, mais moins agrandie,
on distingue en tout 14 chars DD, mais aussi 2 LCA échoués
dans les rouleaux, vestiges du débarquement des compagnies
A et B/116. Il est 12h30.L'un des chars est sur
la partie pentue de la digue, ce fait supposer que cette digue
est en grande partie recouverte de galets à cet endroit.
(détails)
De la villa Parmentier à l'ancienne villa Lebrec.
Quelques véhicules sur la plage. L'infanterie est partie
par la falaise vers Vierville. Entre Les Moulins
et Vierville, le 6 juin vers 12h30.
(détails)Le
bunker principal vu de l'arrière, en 1945

(détails)
Le canon PAK43 88mm antichar du bunker principal, en 1945
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Entre
Vierville et StLaurent, à 9h00, après le départ
dans la falaise des fantassins et des Rangers, la plage n'était
plus occupée que par des sapeurs du génie sans leur
matériel lourd, les chars survivants du 743ème Bat.,
et quelques postes médicaux mal abrités et sans
matériel.. Il y avait aussi bien sûr les
rares survivants, les morts et les blessés des unités
d'infanterie qui avaient été détruites sous
Vierville entre 6h30 et 8h00.
Les 2 Bataillons du Génie, le 121ème
Bataillon du Génie et le 147ème Bataillon du Génie
de Plage, qui étaient chargés des plages Dog Green
et Dog White et de la descente de Vierville, étaient
dispersés en petits groupes isolés sur plusieurs
kilomètres, souvent bien au delà de ces secteurs.
Ils avaient subi des pertes importantes en hommes et en matériels.
Certains petits groupes du 121ème ont suivi l'infanterie
d'assaut dans la falaise et jusqu'à Vierville.
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Un sapeur qui a suivi l'infanterie sur la falaise:
le sergent Debs H. Peter, du 121ème
Bat. du génie (débarqué sur Dog White,
du LCI 91 ou du LCI 92):
"Il y avait un char sur le sable entre nous et le
talus de galets. Nous l'avons rejoint et on s'est accroupi
derrière. Mais un obus a alors touché le
char. Des éclats ont touché le capitaine
Bainbridge (d'une autre unité) et
déchiré sa figure. Çà avait
l'air mauvais, beaucoup de sang. Un éclat m'a frappé
à la poitrine, la déchirant aussi. Je lui
ai demandé si c'était grave pour lui et
il a répondu "juste une égratignure",
mais cela me paraissait grave. Je ne l'ai pas revu.
J'ai atteint le talus de galets et retrouvé
le capitaine John MacAllister, de mon unité et
le major Robert Stewart, notre commandant adjoint. On
a pensé ensemble qu'il fallait partir d'ici si
on ne voulait pas être tués, le major Stewart
m'a dit d'avancer. Je savait où étaient
les mines, car j'avais étudié soigneusement
les photos aériennes et les renseignements. Alors
j'ai dit "on y va". Nous avons sauté sur
la route, traversé, plongé dans un fossé,
sommes ressortis le long d'un sentier, puis sur le talus
de la falaise, assez raide, mais c'était bon, hors
de la ligne de feu des mitrailleuses.
Nous avons continué sur la crête de
la falaise, et malgré notre bonne forme, nous étions
hors d'haleine. L'artillerie et les mortiers avaient enflammé
l'herbe et il y avait beaucoup de fumée. On a dû
mettre nos masques. Alors le major m'a dit d'aller en
reconnaissance voir ce qu'il y avait devant. Les tirs
de mitrailleuses étaient terribles, j'y suis allé
à contre coeur. Heureusement l'herbe était
haute et il y avait pas mal de broussailles. J'étais
aplati sur le sol, j'ai dû faire environ 100m quand
j'ai été pris par un tir de mitrailleuse
qui a déchiré mon paquetage et troué
mon casque.
J'ai essayé une petite dépression
de 30cm environ et finalement j'ai pu lever mon fusil,
y placer une grenade. Je l'ai tirée dans la direction
de la mitrailleuse. Elle explosa, et alors je suis sorti
vite vite et j'ai trouvé un trou plus grand."
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Mais la plupart des sapeurs sont restés
sur la plage:
| Vers 8 h 30, un
officier sur Dog White remarqua deux sapeurs avançant
péniblement en traînant une lourde caisse d'explosifs
sur la plage, devant le talus de galets. S'arrêtant
pour se reposer, l'un d'eux essuya la sueur de son front
et demanda: «Où sommes-nous ? Nous devons
faire sauter quelque chose en bas de Vierville.»
Ils reprirent leur caisse et continuèrent leur marche
vers la plus dangereuse partie de la plage. |
Tous ces groupes sont
restés très dispersés tout le matin entre
Vierville et le Ruquet, se déplaçant lentement
et sous le harcèlement des tirs allemands, en direction
de leur objectif principal Vierville. Des
tireurs isolés réapparaissaient le long des falaises
même dans les zones où des pénétrations
avaient été effectuées. De petites patrouilles
de combat furent lancées dans des tentatives de nettoyage
de la falaise. Une des patrouilles pénétra dans
le point fort WN70 au-dessus de la villa Hardelay et le trouva
démoli par les tirs navals et presque abandonné.
Mais ici comme ailleurs de longs tunnels reliés entre
eux, procuraient des abris faciles pour l'ennemi et rendaient
impossible un nettoyage complet. La
sécurité sur la plage était encore difficile
le matin du 6 juin, mais elle s'est améliorée
progressivement.
L'artillerie de campagne de la 352°Div Allemande, bien que
manquant de munitions continuait sporadiquement des tirs de
harcèlement depuis ses positions dans l'intérieur
des terres, dirigée par les observateurs encore en
activité dans les points forts encore en activité
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(détails)
Croquis incomplet du WN 72 sur des indications de M.
Hardelay et des photos diverses, sur un fond de plan
cadastral
(détails)
La plage de Vierville à St-Laurent vers 12h00
le 6 juin
(détails)Le
canon PAK43 88mm antichar du bunker principal, en 1945
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la descente de Vierville vers 13h00, au moment des tirs du
"Texas" (détails)

(détails)


(détails)Le
bunker principal de Vierville le 7 juin, montrant les débris
éclatés du mur antichar
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Vierville
était depuis 09h00 environ entre les mains de groupes
du 116ème, et de Rangers arrivés en venant de la
falaise par le Hamel-au-Prêtre, ce qui a isolé complètement
les Allemands dans leurs falaises.
Le WN70 (au dessus de la villa Hardelay) a été
neutralisé dès 8h30 par les Rangers des cies
A et B/2Ran, et un groupe de la D/116.
Le WN 73 (maison Gambier) a été neutralisé
en milieu de matinée par les Rangers de la Cie C/2Ran.
Le WN74 (à la Percée) a vu ses 2 canons de
campagne de 75mm détruits dans la matinée par les
tirs du croiseur "HMS Glasgow" et du destroyer USS Mac Cook".
Dans les WN 71 et 72 défendant la vallée de Vierville,
les canons de 88mm et 50mm antichars des bunkesr de Vierville,
ont certainement causé des dégâts importants
aux chars, navires et véhicules divers sur la plage. Mais
ils ont soit manqué de munitions soit été
réduits au silence par les canons des chars, très
nombreux sur la plage de Vierville..
Vers 12h30, un feu naval
intense, dirigé par des observateurs à terre
sur la plage et assuré par les grosses pièces de
356mm du "Texas", s'est abattu sur les WN 71 et 72.
Après les quatre premières salves de quatre obus
chacune, le destroyer "McCook" a passé un message radio
au rivage, signalant que les Allemands quittaient les emplacements
bétonnés pour se rendre et 27 prisonniers ont été
faits par le génie sur la plage.
Peu après l'arrêt
des tirs navals, vers 13h00, le Général
Cota accompagnés de 5 hommes (son aide de camp le
LT. Shea, un radio et 3 gardes du corps) est descendu à
pied par la route, venant de Vierville.
Il est passé au milieu des fortifications, a traversé
le mur antichars par sa chicane, et est arrivé sur la
plage, ne s'attirant que quelques coups de feu d'armes légères,
ayant fait 5 prisonniers dans des trous individuels sur
les flancs de la vallée.
Le général Cota a
pu ainsi se rendre compte pour la première fois
de ce qui était arrivé aux premiers débarqués
sous Vierville quelques heures auparavant. La
seule unité d'infanterie dans le voisinage se composait
des survivants épuisés de la Compagnie A/116.
La mer était haute encore. Les chars se trouvaient plus
loin dans l'est. Seuls quelques troupes du génie étaient
disponibles, mais toujours sans matériels ni explosifs.
Le général a continué à pied par
la route de front de mer vers St-Laurent, stimulant
au passage les hommes du génie et surtout tous ceux qui
pouvaient rassembler des explosifs et des bulldozers en bas
de Vierville pour dégager la route.
Il n'y avait plus sur la plage comme activités allemandes
que des tirs de harcèlement en aveugle d'artillerie de
campagne et les inévitables tireurs isolés, une
plaie impossible à éradiquer complètement
faute d'effectifs suffisants d'infanterie.
Témoignage du Lt Shea : "Cota (qui
se trouvait maintenant de nouveau sur Dog White) s'est
tourné vers le Colonel Lucius Chase, de la 6ème
Brigade Spéciale du Génie (dont faisait partie
le 147ème Engr Bon.) -- Pouvez-vous faire
sauter le mur antichar de cette sortie (D1,
Vierville)? -- Nous le pourrons dès
que l'infanterie aura nettoyé les casemates tout autour
-- Réponse de Cota: -- Nous en venons justement,
elles ne comptent plus, vous n'avez plus qu'à y aller
--
Chase répliqua qu'il n'avait pas d'explosifs sur place.
Cota lui montra un bulldozer à côté avec
20 caisses de TNT fixées sur son toit (au dessus
du siège conducteur) -- Utilisez ceux là,
et il continua à pied vers l'Est.... il passa alors près
d'un second bulldozer, lui aussi chargé de TNT, Cota
s'approcha d'un groupe de soldat abrités derrière
la murette du front de mer: --Qui conduit cet engin?
-- Personne n'a répondu, il semble que personne ne savait,
ils se regardaient entre eux. --Est ce que quelqu'un
peut conduire ce sacré engin? -- Pas de réponse
-- Ils ont besoin d'explosifs là bas, j'en
viens, depuis là haut, seulement quelques fusils sur
cette falaise, on est en train de les nettoyer. quelqu'un a-t-il
le courage de conduire ce bull?? Un soldat roux sorti
du groupe et déclara qu'il allait y aller. Cota lui donna
une tape dans le dos et l'envoya: --Voila ce qu'il
faut! -- Plus tard le général regretta
de n'avoir pas noté le nom de ce soldat non identifié.
Il était environ 13h30."
Les 2 Bataillons du Génie, le
121ème Bataillon du Génie et le
147ème Bataillon du Génie de Plage , ont alors
ouvert la route de la montée vers Vierville aux véhicules.
Ils ont dû pour cela faire venir au moins 2 bulldozers
chargés d'explosifs et un tankdozer (qui était
sur place semble-t-il) qui se sont déplacés depuis
les plages Dog White et Dog Red.
Le mur antichar a été détruit vers 15h00
et après le travail des bulldozers et semble-t-il d'un
tankdozer, la route a été déclarée
ouverte à 18h00. Les chars, au nombre de 23, sont montés
vers 21h00. En fin de journée, une trentaine de chars
au total sur les 51 du 743th TkBn sont montés bivouaquer
à Vierville.
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