Les mouvements du 7 juin

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Une contre-attaque
Allemande le 7 juin
fait des prisonniers Américains à l'Ormel
Tôt le matin du 7 juin, une contre-attaque locale
a frappé la Cie B du 121°Bataillon du Génie bivouaquant
près de L'Ormel depuis la veille au soir. Les sapeurs ont été
surpris au réveil et chassés de leurs bivouacs, certains
(une trentaine en tout) faits prisonniers. Cet incident a inquiété
beaucoup les Américains à Vierville et ils ont décidé
de nettoyer le village immédiatement
et complètement et de le défendre plus efficacement en
faisant revenir 4 de 9 compagnies de Rangers qui venaient de partir
vers la Pointe du Hoc
Une description de leur capture a été
faite par l'infirmier Thomas R. Fitzgerald, pendant son séjour
en camp de prisonniers. On peut lire aussi le témoignage
du sergent Dube
"Nous étions 5 dans notre groupe médical -
Carter, Turner, Petricelli, Danniger et moi -. Il faisait presque nuit
au soir du Jour J quand nous avons trouvé notre PC, à
environ 1,5 Km au sud du village de Vierville. Quand nous avons retrouvé
le reste de la Compagnie, nous avons bivouaqué dans un champ
le long d'une haie, à l'extérieur des bâtiments.
Nous devions creuser des trous individuels, mais j'étais trop
épuisé et je me suis couché sur le sol près
de la haie. Il était environ minuit.
J'ai entendu quelques coups de feu pas loin cette nuit-là.
Un homme a été tué par une balle à environ
5 m de moi, peu de temps avant que je me couche pour dormir. J'étais
le dernier le long de la haie, près du coin du champ et le plus
éloigné de la route.
Je ne me souviens de rien jusqu'à environ 5h30 du matin, quand
il m'a semblé y avoir une forte fusillade. J'étais à
moitié endormi et j'ai pensé que je devais me lever dans
quelques minutes, et manger, car je n'avais rien pris depuis 36 heures,
mais je me suis endormi à nouveau jusqu'à 6 heures. J'ai
été réveillé par de la terre giclant contre
mon casque et soudain j'ai réalisé que des balles de mitrailleuses
frappaient la terre de la haie au dessus de moi et sur le sol au voisinage….
Ensuite j'ai senti que quelqu'un me bottait les fesses et pas
gentiment du tout. J'ai été d'abord ennuyé, mais
quand je me suis retourné et que j'ai commencé à
m'asseoir, il y avait une mitraillette à 30 cm de ma figure,
avec un Allemand au dessus de moi. Je me suis levé rapidement
et j'ai montré le brassard Croix-Rouge que je portais et j'ai
indiqué que je n'avais pas d'armes. J'ai essayé d'être
le plus calme possible et j'ai gardé les mains au dessus de la
tête.
Comme j'étais le premier à être pris, j'ai
dû attendre que le reste de la section soit rassemblé le
long de la haie. Un sergent avait eu une rafale de mitraillette dans
le corps. Un autre gars que je connaissais bien, était un peu
trop lent à sortir de son trou et a été frappé
à la tête. Petricelli était l'un des prisonniers.
Ils nous ont fait sortir du champ les mains sur
la tête, nous ont aligné le long de la route et nous
ont fouillé. Ensuite ils nous ont fait marcher sur la route.
Après un moment, la colonne a été arrêtée
par un lieutenant Allemand. Il y avait un long fossé de 1m de
profondeur à côté de la route, du côté
droit, et il nous a ordonné d'y descendre. Puis il a dit quelque
chose à un jeune soldat Allemand qui était avec lui, le
soldat est parti et est revenu avec une mitraillette, le modèle
avec crosse repliable. Le lieutenant a pris l'arme et a commencé
à aller et venir le long du fossé, nous regardant au dessous.
Nous ne savions pas ce qu'il allait faire, mais nous étions sûrs
qu'il allait nous tuer. Je ne me souviens pas combien de temps il a
passé à aller et venir, mais bientôt une voiture
civile est arrivée.
Il y avait dedans un officier de grade plus élevé, car
il a appelé le lieutenant. Celui-ci est venu se mettre au garde-à-vous
et a salué. Nous ne savions pas ce que disait l'officier dans
la voiture, mais il engueulait le lieutenant. La voiture est repartie
en direction de Vierville. Le lieutenant a rendu la mitraillette au
soldat. On nous a fait ressortir de la tranchée et on a continué
à marcher sur la route.
On n'a pas fait beaucoup de chemin à cause
de nos blessés et aussi à cause des tirs d'artillerie
et des attaques de chasseurs-bombardiers alliés. Nous avons dû
nous abriter une fois dans un verger plus de 2 heures. Nous avons marché
toute la journée. Tout le long de la route nous avons pu voir
des camions et des voitures brûlées avec des Allemands
morts.
Chaque fois que nous voyions nos avions nous faisions de grands signes
avec tout ce que nous avions pour montrer que nous étions des
prisonniers Américains. (Les Allemands n'y faisaient pas objection...).
Nous étions une quarantaine. Vers 10 heures du soir ce 7 juin,
on nous a mis dans une grande laiterie près d'Isigny. Les Français
qui y travaillais ont apporté du lait et du fromage pour nous."
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