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La
démolition et l'enlèvement des épaves métalliques
d'Omaha Beach ont été confiés à
une entreprise de travaux maritimes, l'Entreprise Van Loo (belge),
puis à Demota (de Courseulles), qui les ont vendues à
la ferraille.
Toutes
les épaves métalliques ont été ferraillées,
notamment tous les cargos "corncobs" de la digue, le cuirassé
"Centurion", les épaves de passerelles "Whale" et
"Beetle", les épaves de "Bombardons", les 2 cargos échoués
sur la plage, le LCI 91, le dragueur YMS français échoué
vers 1947, le LCI 92 à la Percée, et tous les
restes de LCT et LCM. Seuls les fonds de coques sont souvent
restées sur place, trop difficiles à démanteler
et récupérer.
Les pontons Phoenix en béton armé
et certains des flotteurs "Beetle" qui étaient
en béton sont restés sur place et sont souvent
encore visibles, se démantelant très lentement.
Un des pontons Phoenix (un des 3 qui étaient
voisins du "Centurion") a pu être récupéré
et réutilisé ailleurs.
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Un des cargos, l'"Exford", a
été renfloué pour être récupéré
complètement mais s'est échoué en
principe accidentellement (?) sur des épaves de
Phoenix non visibles (un de ceux de la digue de Phoenix
du large détruite par la tempête du 19/22
juin 1944). Il a été alors ferraillé
comme les autres cargos, et son fond de coque est toujours
en place, en travers de la digue des Phoenix.
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A droite, ce qui reste
de le digue de pontons "Phénix" échoués
parallélement à la côte à environ
1200 m de la ligne de haute mer.Le bateau en travers,
l'"Exford", un blockship renfloué
par les récupérateurs de ferraille, a été
victime d'une erreur d'appréciation du pilote du
remorqueur de l'entreprise de ferraillage qui devait le
ramener sur la plage pour y être découpé
ou réparé, les deux solutions étant
possibles selon l'état.
En effet, ce blockship après avoir été
sommairement renfloué, (les scaphandriers bouchent
les trous dans la coque en soudant par dessus des plaques
de tâte, puis on pompe une partie de l'eau des cales
jusqu'à ce qu'il émerge), était remorqué
pour être mis au sec. Entre la rangée de
blockships et la plage, se trouvait ta rangée de
pontons qu'il fallait franchir.
Ceux-ci étant partiellement détruits, la
passe qui se trouvait à ['ouest du CENTURION, était
invisible à marée haute. Le pilote chargé
de l'opération devait être distrait car il
fit une erreur d'un quart de mille à l'ouest et
si son remorqueur à faible tirant d'eau passa sans
encombre, par contre l'énorme carcasse qu'il tractait
vint s'échouer sur la muraille invisible dissimulée
par la marée haute. Des témoins racontent
qu'après avoir rompu son amarre, la proue du bateau
se souleva d'une dizaine de mètres avant de retomber
en se fracassant en travers, sur les pontons. Il dut être
ferraillé sur place et c'est le fond de la coque
qui apparaît aujourd'hui sur ces images originales.
Ce bateau dont la fin fut
mouvementée, avait été lancé
en 1919 sous le nom de "EXPRESS ". Affrété
par American Export Lines, il participa sous le nom de
"EXFORD " au fameux convoi PQ 17 qui en juillet
1942 relia l'Islande à Mourmansk afin de ravitailler
le front russe ; puis en mars 43 il fut intégré
à un nouveau convoi le UG S6 qui relia les USA
à Gibraltar.
Après une riche carrière, à bout
de souffle, et en mauvais état, l'amirauté
décida de le sacrifier comme blockship à
Omaha Beach. C'est sous le numéro 384 qu'il fut
tardivement sabordé le 26 août 1944 devant
St-Laurent sur Mer.
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tiré du livre "Itinéraires par
le fond" édité par "Caen Plongée"
en 2004

(détails)
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Ces épaves, par leur importante valeur, ont été
l'objet de convoitises diverses. Voici ce que le livre "Epaves
de la Baie de Seine, Itinéraire 2" en dit:
Les épaves d'Omaha ~ un enjeu politique et économique de 1945 à 1952.
Ou comment construire son musée quand on est Gaulliste après-guerre ?
"Propriétaire terrien,
rédacteur en chef de la revue agricole le Cri du Sol de 1936
à 1939, Raymond Triboulet entre dans le mouvement de résistance
CDLR (Ceux de la Résistance) de 1939 à 1944. Lors du débarquement
allié, il prend rapidement le parti de De Gaulle. Nommé sous-préfet
de Bayeux dès la libération du Bessin, il est élu député du
Calvados en 1946.
Le 8 mai 1947, une loi déclare"site
national" la partie terrestre de Port Winston (port artificiel
d'Arromanches) ; les vestiges du port restent propriété des
Anglais.
Le 21 mai 1947, une loi votée
par le Parlement sur l'initiative de Raymond Triboulet concerne
la construction de deux musées relatifs au souvenir du débarquement,
l'un à Arromanches, l'autre à Cherbourg.
Après les élections d'octobre
1947, Raymond Triboulet se retrouve dans l'opposition et perd
ses relais ministériels, son projet de musée s'en trouve ralenti.
En fait, il semble tout simplement tomber dans les oubliettes
du pouvoir.
Max Lejeune député socialiste
de 1948 à 1951 est aussi Secrétaire d'Etat aux Forces Armées
du gouvernement Blum; c'est lui qui, un jour de décembre 1948,
signe une troublante convention d'échange remettant en cause
le projet de Raymond Triboulet.
Cette convention signée le 24
décembre 1948 entre un négociant en métaux et ferrailleur
d'Anvers et la France, notifie l'échange officiel des épaves
d'Omaha contre 735 blindés Sherman M4 A4 et 2 000 tonnes d'armes
et de pièces détachées diverses. (il serait curieux
de lire in extenso cette convention et de savoir si elle a
été ratifiée, cela me semble peu probable)
Depuis sa signature et malgré
les rumeurs, cette convention est restée taboue et ne rentre
pas dans l'histoire officielle des épaves. (il n'y
a pas d'histoire "officielle", ce qui suit est un
témoignage de seconde main et probablement verbal,
de la part de Raymond Triboulet aux auteurs)
En effet, dans leur "Histoire
d'Arromanches", tome 2 de 1850 à 1960, publiée en juillet
2003, Hervé et Pascal Baptiste, rapportent le témoignage de
Raymond Triboulet, fondateur du Comité du Débarquement.
Selon ce témoignage, le gouvernement
américain cède gracieusement le 23 décembre 1946, les épaves
d'Omaha au Comité du Débarquement. Cette donation est visiblement
facilitée par le prestige que Raymond Triboulet a acquis auprès
de quelques officiers américains. (Cette cession par les
Américains, qui existe vraisemblablement, même
si on n'en a pas le contrat, devait concerner uniquement les
ports Américains d'Omaha et Utah, et peut-être
seulement celui d'Omaha. Ce qui se raconte à Vierville,
témoignages indirects aussi, mais vraisemblables, c'est
que les Américains auraient fait don des ferrailles
"aux populations locales" pour qu'elles puissent
faire installer des disitributions publiques d'eau courante.
Cette interprétation conduit les dites populations
à considérer que Raymond Triboulet, par son
influence politique, a réussi à faire attribuer
les fonds au Comité de Débarquement, qui les
a utilisés pour construire le seul musée d'Arromanches
et le monument mémorial de l'entrée de Bayeux
où figurent son effigie et celle du Général
De Gaulle. Quant aux distribution d'eau, les communes d'Omaha
Beach ont dû emprunter pour les réaliser...)
Vers 1950, le Comité
du Débarquement décide de vendre ces épaves, et toujours selon
les auteurs, cette "vente" libère la somme de 180
millions de francs (4 millions d'euros actuels) qui
sera versée sur le budget du Ministère de l'Education Nationale.
L'argent est officiellement mis en réserve en prévision de
la construction d'un musée à Arromanches sur le thème du D‑DAY
avec l'appui de quelques entreprises privées britanniques.
La crise gouvernementale de 1951, permet au Normand de retrouver
les oreilles attentives du pouvoir qui peut enfin réaliser
son cher musée. Entrepris en 1952, inauguré en 1954, ce musée
dont le succès ne s'est jamais démenti, assura la fortune
du Comité de Débarquement.
Quoi qu'en dise Raymond Triboulet,
les épaves selon la convention signée par Max Lejeune, étaient
encore la propriété de l'Etat en 1948. Comment a-t-il pu en
disposer en 1950 alors qu'elles avaient été échangées deux
ans auparavant contre des armes, et que certaines avaient
déjà été ferraillées dès 1947 (je suppose que l'échange
de 1948 contre du matériel militaire, ne s'est pas
concrétisé, et que le don de 1946 par les Américains
a pu alors être valorisé par une vente à
Van Loo)
Dans ces sources, qui rapportent
la seule version officielle de Raymond Triboulet, on ne sait
pas comment s'est effectué cette "vente", de gré
à gré ou aux enchères ? L'acheteur n'est jamais cité."
........ (C'est l'entreprise Belge de Victor Van Loo qui
a travaillé de 1949 à 1958 sur les épaves
d'Omaha Beach)
........" Le plus gros navire du Gooseberry de Omaha
est le cuirassé HMS Centurion de 23.000 tonnes appartenant
à la Royal Navy.
Il parait très douteux que ce bateau fasse partie de
la cession par les Américains au Comité du Débarquement
en 1946. Cette absence probable du lot dévalorise le
potentiel de métaux à récupérer
bien que ce navire ne posséde plus son artillerie.
(en fait le Centurion a bien été effectivement
ferraillé par Van Loo, j'en suis certain - témoignage
d'Edmond Scelles qui a travaillé chez Van Loo plusieurs
années)
2 autres cargos d'origine anglaise sont dans le même
cas: le Maycrest et le Stanwell réquisitionnés
par le MOWT (Minister Of War) 29 juin 1944. (eux aussi
ont été ferraillés par Van Loo, la propriété
britannique ne semble pas avoir gêné ni les négociateurs
de la vente, ni Van Loo)
Sur les photos IGN de 1947 des plages d'Omaha, un an avant
la cession à la Société Van Loo, il manque
déjà quelques navires dont deux panaméens,
le Flight Command et l'Audacious.
Par ailleurs de nombreuses photos et cartes postales datées
de 1947 montrent 2 navires non identifiés, échoués
tout près de la plage des Moulins dont un en cours
de démolition. La présence de ces 2 cargos reste
énigmatique.
Qui a déjà renfloué et ferraillé
ces navires avant le fameux échange de 1948? Un mystère
de plus."
(Je peux témoigner que les 2 caboteurs échoués
sur la plage étaient sur Omaha Beach dès le
départ des Américains en décembre 44,
dans leur position figurant sur la photo IGN de 1947,
et qu'ils n'ont pas été démolis avant
les années 50, ce qui a été fait par
Van Loo, je les ai visité presque tous les ans dans
ces années là. Quant aux cartes postales montrant
ces navires en cours de démolition, elles ne peuvent
dater que d'après 1949.
Ces navires étaient de petite taille et ne peuvent
être confondus avec les 2 panaméens "disparus".
Leur disparition pourrait alors dater de l'année 1944,
car il n'y a pas eu de ferraillages entre 1945 et 1948. Mais
ces navires très exposés devaient être
irrécupérables par renflouement, et les Américains
ne se préoccupaient pas de récupérer
de la ferraille en 1944. Alors une possibilité existe
que ces navires invisibles sur la photo de 1947 étaient
tout simplement déjà démantelés
par les tempêtes, Van Loo aurait alors ferraillé
leurs restes jusqu'à la quille comme pour tous les
autres)
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