(voir
détails) Le port le 18 juin, avant la tempête
liste des navires jetés à la côte entre
les 19 et 22 juin
(voir
détails) Le port Mulberry A et Gooseberry 2 le
22 juin, après la tempête
(voir
détails) Plans du port le 5 août, après
renforcement du Gooseberry et abandon du Mulberry
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Du 19 au 22 juin une coup de vent de Nord-Est,
force 6 (rafales à 7 et 8), a mis à l'épreuve
les installations Mulberry et Gooseberry. De plus une grande
marée avait relevé les niveaux d'eau à
pleine mer, et les vagues ont pu facilement submerger les ponts
des navires sabordés et remplir les Phoenix qui n'étaient
pas conçus pour tenir dans ces conditions lorsque le
niveau de la mer redescendait.
Le vent de NE a commençé à s'installer
le 18 juin, s'établissant à 25 noeuds. Il a forcé
à 30 noeuds les 19 et 20 juin, puis 35 noeuds le 21 juin,
avant de faiblir le 22 juin.
Ces forces de n'ont rien d'exceptionnel à Vierville sur
mer. Ces petits coups de vents sont fréquents, même
en juin, on les constate tous les ans, ils durenr quelques jours,
plus rarement plusieurs semaines.
Les résultats furent dramatiques pour
le port artificiel Mulberry.
Le vent très fort accompagnait une grande marée
et le niveau de la mer a presque atteint les superstructures
des pontons Phoenix de la digue du large, coulés
par des fonds un peu trop forts et sableux, ce qui les a fait
s'enfoncer plus facilement. Le Phoenix n'étaient pas
pontés et les vagues ont pu les remplir facilement à
la pleine mer. Quelques heures après, à basse
mer, il ne se sont pas vidés assez vite et les parois
ont éclatées, provoquant l'effondrement de la
plupart de ceux de la digue du large.
Les brise-lames flottants, manifestement non calculés
pour la force de la mer ces jours là, ont cassé
rapidement leurs amarrages. Les amarrages auraient aussi été
simplifiés pour aller plus vite (1 ancre au lieu de 2
à chaque extrémité??). Les Bombardons se
sont alors transformès en béliers flottants
précipités par le vent sur la ligne des 24
pontons Phoenix fragilisés. 7 à 8 Phoenix
de la digue du large ont subsisté.
La mer a pu alors attaquer directement les docks auto-élévateurs
Lobnitz et les passerelles flottantes qui subirent des dégâts
irréparables. Les colonnes de plusieurs Lobnitz implantés
se cassèrent et beaucoup de passerelles furent coulées
ou déformées.
La plupart des LCT mouillés dans
la rade qui n'était plus protégée, chassèrent
sur leurs ancres et furent jetés à la côte
et contre les passerelles flottantes. La liste des navires
échoués à la suite du coup de vent est
impressionnante.
Du côté de la digue Gooseberry,
constituée de 14 blockships coulés, les dégâts
étaient moins spectaculaires, mais comme la ligne n'était
pas doublée, la mer s'est engouffrée entre les
poupes et les proues des navires alignés, creusant des
souilles dans le sable. Les quilles des cargos n'ont pas
résisté et elles se sont brisées, affaiblissant
les navires qui se sont aussi enfoncés dans le sable
beaucoup plus que prévu.
Après la tempête, les efforts de
renflouement ont permis de récupérer la plupart
des navires échoués, mais le port Mulberry
avec ses quais et ses passerelles a été abandonné.
Les équipements sauvés et ceux non mis en place
ont été envoyés à Arromanches pour
y renforcer le Mulberry B qui, installé sur des fonds
rocheux, et un peu protégé par les rochers du
Calvados, avait mieux tenu.
La ligne des 14 blockships du Gooseberry
de St-Laurent a alors été renforcée par
doublement avec 10 autres blockships (dont plusieurs Liberty
Ships sacrifiés) et 21 nouveaux pontons Phoenix.
L'exploitation du port a été poursuivie sans désemparer,
en utilisant les plages et les causeways pour décharger
les navires avec des navettes de Rhinoferry, de canards, de
LCM et de LCT, les petites unités s'abritant en cas de
vent derrière la digue renforcée. Il y a d'ailleurs
eu peu de vent cet été.
L'expérience a finalement démontré l'efficacité
de ces procédés et, profitant du beau temps, le
trafic d'Omaha Beach a atteint et dépassé le trafic
d'Arromanches, sans pourtant disposer de quais et jetée
flottantes.
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