M. Conti du 834ème Bataillon du Génie de l’Air (Col John J. Livingstone, 9ème Air Force) se souvient et raconte

"Tôt le matin du 6 Juin, l'échelon avancé (un rhinoferry, avec le matériel de terrassement, et un LCT avec la Compagnie A et un détachement de la compagnie des Services) s'est approché de Vierville à 10 h 30. Le passage dans les obstacles n'était pas encore dégagé ... Après une demi douzaine d'essais pour approcher, l'artillerie a commencé à nous tirer dessus, touchant un moteur du rhino qui est devenu impossible à manoeuvrer. .... Nous ne pouvions plus avancer vers la terre et risquions de perdre nos équipements. La Marine a fait savoir qu'il n'y avait pas de place là pour nous et nous a remorqué jusqu’à la zone de mouillage des cargos.... Le 7, on a débarqué à Saint-Laurent. Nous devions aller à Saint-Pierre-du-Mont encore aux mains de l'ennemi. Des reconnaissances ont été faites pour trouver un autre site. L'un, sur la falaise, à la sortie E-1, a été retenu.

Nous avons avançé, déminant le terrain pour que les engins puissent passer et travailler .... Des équipes se sont occupé d'éliminer les snipers .... Dès que les engins ont pu travailler (le 8 juin), la piste a été tracée et nivelée.

Au début de l'après-midi (du 9 juin) des avions tournaient espérant atterrir. Quelques opérateurs radio de l'Air Force qui étaient avec nous ont servi. A court d'essence, ces appareils se posèrent bien que le terrain soit loin d'être terminé. Le Général Quesada (de la 9ème Air Force) s'y posa un des premiers ......

Ce même fait est rapporté par le pilote d'un C-47 du 31ème Groupe de Transport qui venait chercher des blessés. Alors qu’il se préparait à atterrir, le radio-contrôleur lui a demandé de dégager pour qu'un général puisse se poser. Il a repris de l'altitude et a appris en se posant ensuite que le général en question était le Général Quesada.

Dès son retour en Angleterre, le Major Général Quesada a téléphoné au QG de la Neuvième Air Force. " Incroyable ! Il y a un piste de 1000 m avec essence, munitions et approvisionnements sur le haut de la falaise. C'est une vrai, piste en terre. " La piste n'était pas revêtue.

Proche du terrain se trouvait un embryon d'hôpital. Mlle Tierney de la 806ème escadre d'Evacuation Sanitaire - s'y est posée le 11 Juin et elle se souvient du spectacle poignant de la plage. Elle est repartie avec 18 blessés. C'est le Colonel C. Feldmann (Commandant du 3lème Groupe de Transport) qui dirigeait cette première mission d'évacuation à bord de ces hôpitaux volants. Ces " avions miséricorde" ont été ces C-47 équipés de 18 brancards et de matériel d'intervention médical d'urgence. Elle s'est posée là 16 fois en Juin et 9 fois en Juillet. Son escadre, toujours transportée par le 31ème Groupe de Transport, a évacué vers l'Angleterre à partir de A21C et A1, en Juin 4.440 blessés et 6.590 en Juillet.

Le 15 Juin, le QG de la 9ème Air Force a demandé au Service Command de prendre en charge l’aérodrome A21. Des aires de stationnement furent ajoutées et recouvertes de grillage MST (à mailles carrées). Ce terrain a été utilisé comme terminal de transport et d'évacuation sanitaire.

Les jours qui ont suivi la tempête du 19 Juin qui détruisit le port artificiel d'Omaha, un fret important a pu être acheminés par ce terrain.

3 appellations ont été utilisés pour cet aérodrome: E1, T1et puis finalement A-21C. E1 probablement parce que proche de la sortie E1. T1 semble avoir été utilisé par le Service Command.

Le 834ème Bataillon a été décoré pour son action sur A21C, puis sur A1 (St-Pierre-du-Mont), puis sur A9 (Le Molay-Littry).

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