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L'après-midi
et le soir du 6 juin à Vierville
Bilan de la journée
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(détails)
schéma des diverses pénétrations des
falaises vers Vierville

(détails)
situation l'après midi puis en fin de journée
le 6 juin
croquis établi sur la base des indications
de Michel Hardelay
Lt Jack Shea:
" Les morts et les mourants avaient été
collectés sur la plage et dans la falaise, puis rassemblés
sur la route côtière. Le personnel médical
n'avait que peu de moyens pour les soigner, leurs efforts se
limitant à réunirpuis administrer au mieux les
médicaments et matériels disponibles. Cela consistait
à prendre les couvertures des morts et les utiliser pour
protéger les vivants de l'air froid de la nuit. Des blessés
avaient creusés des trous dans le sable pour se protéger
des éclats d'obus qui tombaient toujours sur la plage...
certains blessés étaient morts simplement en s'affaissant
dans leur trou. Une unique ambulance
roulait en camouflant ses feux de circulation, ramassant méthodiquement
les blessés et les ramenant à un centre de collecte
prés des ruines du mur antichar de Vierville. Là
une petite équipe médicale pansait les blessures
et préparait les évacuations par mer.
(détails)
Secours aux blessés
(détails)
Epaves de LCVP
(détails)
Au fond épaves de LCT
(détails)
2 épaves de LCT devant Les Moulins, au fond à
gauche on voit l'épave du LCI 92.
(détails)
Un GI mort devant un obstacle "rampe". Au fond des hérissons
et un half-track.
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Les
pénétrations réalisées sur la falaise
entre Vierville et Saint-Laurent entre 8 et 9 heures étaient
un succès, mais un succès limité à
la capture de Vierville et à l'effondrement de la résistance
sur la plage.
Seules quelques
fractions du bataillon d'assaut
(le 1/116) et les
Rangers, en
groupes éparpillés, avaient réussi à
occuper Vierville, mais sans pouvoir aller plus loin.
Ils n'avaient que peu d'armes lourdes,
aucun char (jusqu'au soir), ni artillerie et ni liaisons convenables,
ni soutien des tirs navals.
Ils se sont installé autour
des fermes de la route de Grandcamp, à la sortie Ouest
de Vierville, les Rangers au Nord de la route, les fantassins
du 1/116 au Sud.
L'état-major
du 1/116 a fini par se dégager de son piège sous
la Percée en fin d'après-midi et à rejoindre
Vierville, amoindri par ses pertes. D'autres fractions du 1/116
étaient dispersées jusqu'à Colleville.
Le Command
Group du 116ème Régiment était
aux Isles, isolé dans une zône peu sûre et
infestée de snipers Allemands. Il ne contrôlait
pas ses unités faute de radios. Les mélanges
étaient fréquents et le
temps passé à surmonter ce problème a été
rallongé par les pertes d'officiers, l'éloignement
des groupes de commandement et le manque de communications.
Ce n'est que le soir que le Colonel Canham appris que ses Bataillons
2/116 et 3/116 étaient au delà de St-Laurent,
au lieu d'être dans leurs zone de rassemblement prévues
près de Vierville.
Les 23 chars survivants
des 3 compagnies du 743rd Tk Bon débarquées à
l'heure H sont restés sur la plage toute la journée.
Dans la soirée, la route vers Vierville étant
ouverte, ils se sont regroupés avec les chars débarqués
à St-Laurent et sont montés à Vierville
(alors que dans les plans initiaux, ils devaient monter par
St-Laurent, mais la route des Moulins à St-Laurent était
toujours tenue par les Allemands).
Le 743ème Bataillon, avec
une petite trenatine de chars, a donc bivouaqué au village
le soir du 6 juin,
certains d'entre eux veillaient face aux Allemands qui défendaient
la route de Grandcamp.
Le Lieutenant Ondre de la Cie A/743Tk Bon, raconte: "
Tous les tanks de la cie A traînaient des remorques pleines
de munitions. Mais au cours des combats sur la plage, elles
ont souvent été sacrifiées. 6 seulement
sont arrivées sur le bivouac le soir. Dans chacune de
ces remorques, il y avait 240 coups de 75mm. Sur une cinquantaine
de chars débarqués (du 743ème), seuls environ
30 (d'autres témoignages plus précis et
plus vraisemblables parlent de 23 chars montés le soir
à 23h dans Vierville) ont quitté la plage,
tous par la sortie D1 de Vierville. Cette nuit là nous
avons essayé de nous réorganiser, mais les pertes,
surtout parmi nos officiers, étaient fortes. Le chef
du bataillon, le Lt-Col Upham, était blessé, 4
des 5 officiers de la Cie B (celle de Dog Green) étaient
tués. Nous sommes entrés sur la "transit
area" (juste au delà du bourg de Vierville) peu
avant la nuit, et nous avons bivouaqués en cercle. Là
on s'est réapprovisionné en munitions et en carburant.
On a appuyé le périmètre de défense
et on a attendu les ordres."
Sur la plage, restait
des éléments du Génie,
appartenant aux 3 Bataillons débarqués le matin:
La SETF (146ème Bat. du Génie) dont les
survivants ont poursuivi à la marée basse du soir
l'enlèvement des obstacles.
Le 147ème Bat. du Génie de plage (de
la 6ème Brigade Spéciale du Génie), qui
a travaillé à viabiliser, organiser et sécuriser
la plage de Vierville pour les renforts . Mais ce n'était
que le commencement. Les approvisionnements attendaient l'installation
de dépôts à l'intérieur des terres.
Le
121ème Bat. du Génie qui devait accompagner
le I/116 et qui avait ouvert la route de Vierville depuis le
mur antichar. Cette route est restée bloquée
jusqu'à 18h00 et sa partie
basse était avec la plage sous un feu de harcèlement
d'artillerie. Dès cette mission achevée en fin
de journée, le bataillon s'est installé le soir
à Vierville, notamment aux Isles et à l'Ormel.

(détails)Cette
photo a été prise en début d'après-midi
le 6 juin depuis le LCT 589 qui faisait sur Dog White
son 2ème atterrissage, transportant des véhicules
divers (Génie, infanterie, MP, ...). on reconnait
les villas Mathy et Parmentier, au centre droit de la
photo.
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Le LCT 207 aborde à 16h00, sur la limite Dog Red
Easy Green pour débarquer ses 4 canons surchenille
blindée du 58ème FAA Bon. Au delà,
on aperçoit le LCI92 échoué sur les
galets de DogWhite, des chars DD du 743ème Tk Bon
et les villas de Vierville
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Les unités médicales
(le 104ème Bataillon médical était attaché
à la 29ème division) avaient été
incapables d'installer leurs postes de secours à l'intérieur
des terres. Elles ne disposaient que de très faibles
postes entre la plage et la falaise de Vierville.
Des éléments
d'une unité composée de troupes noires américaines,
le 320ème Bataillon de ballons de barrage,
ont débarqué à Vierville dans la
journée du 6 juin et se sont installés sur
la plage, prêts à recevoir et envoyer leurs
ballons dès le lendemain.
Organisation du 320ème Bataillon de Ballons de
Barrage DCA, unité composée de Noirs Américains.
Une moitié de ce bataillon était affecté
à Omaha Beach, l'autre étant à Utah
Beach
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(détails)
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Le
QG avancé de la 29ème division
du Général Gerhardt a
débarqué en fin d'après-midi, occupant
la carrière de Vierville. Il devait prendre à
minuit le commandement effectif des troupes de la 29ème
division, jusque là rattachées à la 1ère
Division (Général Huebner, PC en haut de la vallée
du Ruquet).
Le
115°Régiment d'Infanterie, réserve de la Division,
avait
débarqué en fin de matinée dans le secteur
du Ruquet, mais trop
loin de Vierville pour y renforcer les faibles défenses.
Les soldats ont creusé
leurs trous individuels pour la nuit partout où ils ont
pu, certains même dans le sable ou sur les flancs de la
falaise. Partout, le feu des tireurs isolés provoquait
des alertes et déclenchait des volées de tirs.
Il n'y eut pas de «zones arrière» la nuit
du Jour J. Des
éléments égarés de l'infanterie
d'assaut, des renforts et des troupes de service essayaient
partout de retrouver leurs unités.
Les habitants de Vierville étaient naturellement
impressionnés. Lire les souvenirs de Michel
Hardelay sur la fin de journée du 6 juin, ainsi
que ceux des Coliboeuf,
des de Loÿs,
de Madame Ygouf,
de Madame Dubois
et de Pierre et Fernand
Piprel.
"Quand l'obscurité s'est
déployée sur Omaha, les flammes des Landing
Craft se consumant apportait une lueur intermittente et
dansante dessinant les vivants et les morts sur la plage.
Ceux qui marchait le long de la plage cette nuit là
devait faire attention pour éviter de marcher sur
les cadavres.
Des fusillades surgissaient de temps à autres dans
les falaises. Les soldats de la 29ème étaient
sûrs qu'il y avait des snipers Allemands partout,
mais le général Cota croiyait plutôt
que les Américains étaient portés sur
la gâchette et tiraient sur des fantômes.
Comme si les Allemands ne suffisait pas aux ennuis, un chien
furieux a attaqué le petit groupe de Cota marchant
sur la route en bord de plage. Quelqu'un a suggéré
que ce devait être un chien Allemand. Un homme de
la 29ème l'a fait fuir avec quelques coups de fusil.
" |
Personne n'a pu dormir en paix cette
nuit à cause du bruit des G.I. qui faisaient exploser
des petits pains de TNT pour se faire rapidement leur trou
individuel. On avait expliqué à la troupe
la meilleure façon d'utiliser le TNT en plaçant
la charge dans un trou de 25cm de profondeur. Après
détonation, le cratère résultant était
supposé assez profond pour que son occupant soit
tranquille pour la nuit.
Mais selon le soldat
Robert Milbier, "C'était plutôt une gène
qu'une aide. J'avais trouvé un fossé creux
dans une haie et je m'y était installé, quand
à côté de moi, j'ai entendu crier "Fire
in the hole!" (attention à l'explosion!),
me précipitant avec plusieurs copains dans une course
pour se mettre à l'abri. Toute la nuit, dès
qu'un nouvel arrivant décidait de s'installer près
de cette haie, le cri "Fire in the hole!" retentissait
en écho dans la nuit, et nous faisait décamper
de nos couvertures pour aller nous abriter" |
Les rapports des unités
pour le jour J sont incomplets ou fragmentaires et les pertes
en hommes et en matériel ne peuvent pas être établies
avec des détails précis. Les premières
estimations des pertes ont été élevées,
avec un pourcentage gonflé de «disparus»,
car beaucoup de sections et d'isolés furent séparées
de leurs compagnies quelquefois pendant deux ou trois jours.
3000 hommes seulement
des 7000 prévus pour l'assaut du matin à Vierville
y avaient
été débarqués, et ils avaient subi
de lourdes pertes, peut-être 1.000 tués, blessés
ou disparus, dont environ 1/3 tués.
Les plus fortes pertes en proportion ont été subies
par les unités qui ont débarqué pendant
les 2 premières heures, y compris le génie et
les chars.
Les pertes en matériel
ont été considérables, la majorité
de ce qui avait été débarqué a été
perdue, soit
par submersion, soit par destruction sur la plage. La
moitié des chars débarqués à Vierville
ont été perdus. Aucune artillerie utilisable n'a
été mise à terre. Aucun chiffre n'est disponible
pour les véhicules et les approvisionnements.
Quant à la marine,
une ordre de grandeur donne un total pour Vierville d'environ
10 LCM, LCVP et LCA, et de 3 ou 4 LCI et LCT détruits
(soit 20% des arrivées effectives)
et un nombre
plus important, de tous types, avariés et récupérés
les jours suivant.
Vers 20h00, ayant accompli leur mission, les LSI, notamment
les transports d'assaut "Thomas Jefferson", "Charles
Caroll", "Samuel Chase", "Empire Javeli"n,
et "Empire Anvil", ont quitté le secteur d'assaut
et fait route vers l'Angleterre.
De plus le mouillage des transports a été rapproché
de la côte, l'artillerie allemande n'étant plus
menaçante pour les navires.
La
résistance Allemande, à la fois au pied
de la vallée et à l'intérieur, avait limité
l'avance américaine à
une bande de terrain d'à peine 1 km de profondeur.
Cette bande était bien inférieure à celle
prévue pour le jour J (devaient être atteints Trévières,
Grandcamp et les abords d'Isigny).
Derrière les positions américaines
avancées, des petits groupes allemands et des isolés,
coupés de toute retraite, résistaient encore.
En particulier, les routes vers St-Laurent par Les Moulins et
par la route venant de Vierville étaient toujours tenus
par des Allemands.
Toute la zone occupée
se trouvait toujours le soir à la portée de l'artillerie
de campagne allemande en position à l'intérieur
des terres, mais celle-ci manquait de munitions et se trouvait
obligée de se limiter à des tirs de harcèlement.
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