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Les
Rangers du 5ème Bataillon racontent leur débarquement
(extraits)
Le Lieutenant Francis
Dawson de la compagnie D/5Rgr décrit sa propre expérience:
" Le skipper a viré brusquement à gauche et une énorme vague
nous a élevé par dessus de plusieurs obstacles. La rampe s'est abaissé
et je suis sorti. 5 jours à bord de bateaux avait affaibli mes jambes.
Après avoir été debout plusieurs heures dans le tangage,
mes jambes ne pouvaient se remuer rapidement." Mais il a atteint le talus
de galets et une murette en planches de bois, d'où il a envoyé un
coureur pour informer le lieutenant George Miller, commandant la compagnie
D/5Rgr, de la position de sa section. Le
capitaine Raaen (cdt. la Cie de
QG du 5ème Bataillon) a débarqué "J'ai vu un
spectacle décourageant. Des obstacles partout. Des blessés et des
morts, allongés sur le sable. Le sifflement des balles de mitrailleuses.
Les jets de sable de leur impact sur la plage. Ces terribles obus antiaériens
de 20mm explosant au dessus de nos têtes. Et naturellement les obus d'artillerie
éclatant tout autour." Malgré
ces tirs, Raaen a été capable d'atteindre le rivage. Ensuite, à
son étonnement, il a vu qu'il n'avait perdu qu'un seul homme de sa compagnie.
Il a regardé autour "et à ce moment, il a réalisé
que personne n'avait encore quitté ce morceau de plage. Les Rangers avaient
abordé sur un secteur occupé par des groupes d'assaut du 116ème
dont les hommes étaient choqués par les obus, sans chefs et désorganisés.
La peur les paralysait, et les Rangers aussi. Raaen montra la petite murette et
cria: "Le PC des Rangers est ici!"
En même temps, il a essayé de déboucler
sa ceinture de sauvetage sans y arriver. Son radio était à coté,
"ratatiné par la peur", " je l'appelais et lui dis de la couper."
"Bien sur, mon capitaine,"
il s'est levé et lui a coupé sa ceinture de sauvetage. "A
partir de cet instant, il n'eut plus peur et moi non plus. Je vis pendant cette
première minute de combat ce que l'absence complète de peur pouvait
faire chez nos hommes."
Il y avait autre chose. En général,
les hommes agglutinés sur le talus de galets étaient autant
déboussolés par l'épuisement que par les obus.
Dans un secteur inconnu, sans leurs chefs, ils ne savaient pas quoi
faire. Avec une mission précise à exécuter, la
plupart des hommes se reprenaient et faisaient leur devoir.
Bien que le 5ème bataillon de Rangers ait eu moins de mal en
arrivant sur Dog White à 08h00 que ceux de la première
vague sur Dog Green à 06h30, les circonstances n'étaient
quand même pas bonnes. Des grands LCI (les LCI 91 et 92) suivaient
les LCA des Rangers sur Dog White, et l'artillerie Allemande s'est mise
à tirer dessus. Raaen A VU la rampe d'un LCI touchée par
un obus alors qu'un servant de lance-flammes descendait. "En un
instant ce fut une masse de flammes. Horrible à voir, je détournai
la tête, il n'y avait rien à faire."
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Le Père
Joe Lacy, était
sur la plage, s'occupant des blessés. Lacy était,
d'après un Ranger, "un vieil irlandais, petit et
gros" . Les Rangers ne voulaient pas qu'il les accompagne
au combat, mais il avait insisté. A bord du transport de
troupes, la nuit du 5 au 6 juin, il avait dit aux Rangers: "quand
vous aborderez la plage et que vous vous battrez, je ne veux voir
personne s'agenouiller et prier. Si j'en voie un, j'irai lui botter
les fesses. Vous me laisserez la prière et vous combattrez."
Sur la plage, les hommes
ont vu le Père Lacy "aller tirer hors de l'eau les
morts, les mourants et les blessés et les porter dans des
abris relatifs. Il ne s'arrêta pas de le faire, mais pria
pour eux et avec eux, réconfortant blessés et mourants.
Un vrai homme de Dieu."
Quand le lieutenant
Jay Mehaffey a atteint le talus, il n'entendait que le
tir des Allemands, "et je croyais que l'assaut avait échoué,
que tous les autres Américains avaient été
tués ou capturés. A ce moment sur la plage de Vierville,
l'assaut était arrêté et c'était un
désastre. Le grand projet du jour J avait complètement
échoué"
En fait, les Rangers se
réorganisaient. Le capitaine Raaen a vu un vieux
sergent installer une mitrailleuse de 7,5mm à canon refroidi
par eau sur un affût tripode. "Un lieutenant du Génie
en pull vert l'aidait, transportant l'eau et les munitions. Installée,
le sergent se mit derrière la mitrailleuse et commença
à balayer notre flanc droit, et je voyais les troupes du
116ème avançant dans la falaise. Le sergent tirait
pour couvrir leur progression."
"Le lieutenant du Génie ignorait totalement le feu
Allemand autour de lui. Il interpellait des hommes tassés
sur les galets, effrayés et inertes, " Hé! Vous
les gars, vous vous croyez des soldats?" Sans résultat."
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