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Disposition d'ensemble des forces Allemandes)

(détails)
position des unités allemandes autour de Vierville et d'Omaha
Beach

(détails)
Le manoir de Than, PC de la Compagnie 11/726, qui défendait
Vierville
(détails)
Le château de Gruchy, PC la compagnie 9/726, qui défendait
la Percée et Englesqueville

Des officiers du 2ème bataillon
du régiment 916. A Formigny, devant leur PC. Le château
n'existe plus.

(détails)
Un croquis Allemand du printemps 44

(détails)
Le Major Pluskat et le capitaine Ferking, à Houtteville?

(détails)
Réunion d'officiers Allemands d'artillerie, Houtteville?

détails
Les plans de feu Allemands

(détails)
(détails)
un canon d'assault allemand "Marder" de 75mm, détruit du côté
de Trévières


Obusier de 105 du modèle équipant l'artillerie de campagne
de la 352ème division

Les plans de tir d'une batterie d'artillerie de campagne

(détails)

(détails)
Un exemple de camouflage de canons d'artillerie de campagne allemands.
Ils sont installés dans une haie. On distingue seulement le
sentier utilisé par les servants, le long de la haie et les
traces du piétinement en arrière d'un canon
|
La
Wehrmacht (l'Armée Allemande) à Omaha Beach
en 1944
Après la visite du
Maréchal Rommel sur les plages de Vierville-Colleville le 29
janvier 1944,
la VIIème Armée allemande avait renforcé en mars
1944 les garnisons de la côte entre la Vire et l'Orne, jusque
là gardées par la seule 716ème DI, de faible valeur
(sans moyens de transport, troupes âgées ou trop jeunes,
soldats souvent non Allemands, comprenant des bataillons de troupes
Russes). Elle avait aussi donné une impulsion décisive
à la mise en défense de la côte.
La 352° Division venant de Saint-Lô
s'était alors déplacée et s'est chargée
du secteur depuis Isigny jusqu'à Arromanches, la 716°Division
se chargeant de la côte plus à l'est. Les unités
du 726° Régiment déjà en place dans les points
forts du secteur de la 352°Div y sont restées et ont été
rattachées à la 352°Div.
Cela signifiait
que les points fortifiés étaient
mieux pourvus en hommes, que 2 compagnies
de réserve proches étaient disponibles (à Formigny
et Surrain) tout près à l'arrière d'Omaha Beach
pour soutenir les défenses principales. Néanmoins il n'y
avait pas de compagnie affectée à la seule défense
du village de Vierville proprement dit. Par contre, les villages de
St-Laurent et Colleville étaient chacun occupés par une
compagnie en plus de celles chargées des WN côtiers.
La 352° division (général
Marks, PC au Molay-Littry)
était une division d'assez bonne qualité, avec des
éléments mobiles, et un noyau de vétérans
expérimentés au combat sur le front russe, et les Alliés
pensait qu'elle assurerait l'essentiel de l'opposition allemande.
Elle comptait 3 régiments, chacun à 2 bataillons seulement:
Le Régiment 914 (PC à Neuilly-la-Forêt),
Le Régiment 915 (Colonel Meyer, PC au Sud de Bayeux), force de
réserve, "mobile", c'est à dire à bicyclette
ou sur des camions français réquisitionnés.
Le Régiment 916 ( Colonel Goth, PC à Trévières).
La présence
sur la côte de cette division a été une surprise
le 6 juin, les Alliés la croyant toujours à St-Lô.
Son mouvement datait du mois de mai et avait été
décelé tardivement.
Omaha Beach était plus spécialement concerné par
le 2ème bataillon du Régiment 916, dont le PC était
à Formigny, avec 2 compagnies (5ème et 8ème)
à St-Laurent et Colleville et 2 compagnies (6ème et 7ème)
en réserve à Formigny (Le Buissonnet) et Surrain.
La 716ème était
une division de défense, tout à fait statique,
à deux régiments de trois bataillons chacun, avec un peu
d'artillerie et quelques autres petites unités, le tout dispersé
entre la Vire et l'Orne. Les éléments non-Allemands
(des "Volksdeutsch") de cette division étaient nombreux, la plupart
d'Europe Orientale (territoires annexés de Pologne, Tchécoslovaquie
etc..) et leur moral n'était pas très élevé.
De fait, lorsque des Américains furent au contact rapproché
avec ces troupes, elles se rendaient parfois facilement.
Omaha Beach était concerné
par les 1er Bataillon (I/726, PC à Maisons) et 3ème
Bataillon (III/726, PC à Jucoville) de son 726° Régiment
d'Infanterie.
Le 3ème bataillon était
responsable des défenses côtières de Grandcamp jusqu'à
St-Laurent, avec la compagnie 9/726 à Englesqueville et La
Percée, la compagnie 11/726 à Vierville, la
cie 10/726 était à St-Laurent et la cie 12/726
à Grancamp et la Pointe du Hoc).
Le 1er bataillon était placé entre Colleville et Port-en-Bessin,
avec notamment les compagnies 1/726 à Port en Bessin, 2/726 à
Ste Honorine, et 3/726 à Colleville (WN63).
Les troupes défendant les 4 points forts de Vierville (WN ou
"point fortifiés" N° 70 à 73) se montaient
normalement à environ 180 hommes. Mais
ils avaient été renforcés le 4 juin par le détachement
de quelques dizaines de grenadiers du Régiment 914 de la 352ème
qui était installé au Sud de Grandcamp.
Ces effectifs n'étaient absolument pas suffisant pour garnir
complètement les très nombreuses positions construites
par les Allemands sur la côte depuis 1942 (WN 60 à 74).
De nombreux abris et fortins étaient toujours cours de construction.
De plus ces WN ne formaient pas des lignes continues, mais se limitaient
à défendre directement les approches des sorties de plage
et quelques points plus stratégiques. Entre ces points forts,
des espaces non fortifiés de plusieurs centaines de mètres
(jusqu'à 1km) s'étendaient, espaces dans lesquels les
Allemands avaient entrepris de raser toutes les constructions pour dégager
des champs de tir latéraux.
Dans les WN, quelques pièces d'artillerie
très diverses étaient installées, notamment
2 canons antichars de 88mm, 2 antichars de 75mm, une dizaine d'antichars
de 50mm, quelques tourelles de chars et des canons de campagne de 75mm
de récupération, français ou tchéques, de
nombreux mortiers de 50 à 81mm.
Ces pièces disparates étaient servies par les hommes de
compagnies d'infanterie locales (352ème et 716ème DI).
De plus 40 lance-fusées Nebelwerfer se trouvaient
à plusieurs centaines de mètres à l'intérieur
(WN 69) à Saint-Laurent, lieu-dit "le Montmain"), chacun pouvant
tirer sur la plage quatre fusées de 320 mm. Ces Nebelwehrfer
étaient tout récemment installés et d'autres étaient
encore en cours d'installation à Colleville au WN62.
Quelques champs de mines étaient placés autour des WN.
Ils étaient loin d'être complets et souvent se limitaient
à des pancartes "Achtung Minen! " (Attention aux Mines)
Les relations entre les civils
et les Allemands
Le récit du Lieutenant Heinze,
officier au QG du Bataillon 2/916 à Formigny
Le récit du soldat Franz
Gockel, soldat au WN62 de Colleville
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Souvenirs de Michel Hardelay:
"Les liaisons
téléphoniques aboutissaient au P.C. de la compagnie
- (la 11ème) à Vierville, manoir de
Thaon, - (la 9ème) à Louvières,
château de Gruchy; les P.C. de compagnies étant eux-mêmes
branchés sur la ligne Cherbourg à La Roche-Guyon
et au quartier général d'Hitler. Le branchement
sur cette ligne était assuré dans une petite casemate
qui existe encore dans la campagne de Louvières."
Souvenirs de Raymonde Hue, épouse Watel,
12 ans le 6 juin 1944:
"Nous habitions les petites maisons
à côtés du Vaumicel. Ma mère avait
une dizaine de vaches, et elle avait été réquisitionnée
pour donner un bidon de 20 litres de lait, tous les matins. Les
Allemands payaient ce lait. Un allemand venait avec un vélo
militaire, et mettait le bidon sur le cadre du vélo. Ils
étaient très peu équipés. En ce qui
concerne la nourriture, nous n'en avons jamais souffert, car nous
élevions des cochons, des poulets... Par contre, les Allemands
avaient peu à manger, ils y avaient beaucoup plus d'eau,
que de pommes de terre "(dans leur soupe).
Avant le débarquement, il n'y avait
plus beaucoup de soldats allemands. Il y avait ceux que nous appelions
des "Nicolas ", des russes. On en avait très
peur, car ils étaient très peu civilisés,
ils s'occupaient surtout des chevaux.
Le 30 mai, j'avais passé mon certificat
d'étude. Ma mère m'avait fait bricoler un vieux
vélo, afin qu'elle puisse m'en offrir un. Dans les 2 ou
3 jours qui ont précédé le débarquement,
il y eut des jets de milliers tracts, qui demandaient à
la population de s'en aller. Avec ces tracts, il y avait des choses
brillantes, je ne sais pas de quoi il s'agissait (des
bandes de papier aluminisé, pour brouiller les radars allemands).
Personne n'a tenu compte de ces tracts, personne n'a bougé.
On ne les ramassait même pas, on avait la "frousse".
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Ces défenses côtières
limitées étaient appuyées par d'importantes formations
d'artillerie placées en arrière d'Omaha Beach.
Le régiment
d'artillerie de la 352° division
Allemande (Colonel Ocker, PC à Tourteville au NE de Littry),
avait 2 de ses bataillons installés pour tirer sur Omaha Beach:
- Le 1er Abteilung (bataillon) du major Pluskat (PC au château
d'Etreham), comprenant 12 obusiers de 105mm, type LeFH18, en 3 batteries
de 4 obusiers, placées à
Houtteville (batterie 1/352)
Montigny cote 29 (batterie 2/352)
Etreham cote 63 entre Formigny et St-Laurent (batterie 3/352)
- Le 4ème Abteilung (PC au château des Agneaux,
comprenant 12 obusiers de 150mm, type SFH18, en 3 batteries de 4 obusiers
placées à Longueville, Deux-Jumeaux et l'Est de La Cambe.
Ces 6 batteries dispersées
dans la campagne représentaient une force de frappe considérable.
Elles étaient parfaitement camouflées dans les haies et
sont restées non décelées. Elles étaient
reliées par des lignes téléphoniques enterrées
aux postes d'observation d'artillerie des WN de la côte. Elles
se sont repliées dans la nuit du 6 au 7 juin.
Elles ont causé de gros dégâts
sur la plage surtout dans la matinée du 6 juin, où elles
disposaient encore des liaisons téléphoniques avec leurs
observateurs (au WN73 pour Vierville), guidant les tirs sur les navires
les plus gros qui abordaient la plage. Il
semble que l'observatoire qui se trouvait au Ruquet n'avait plus de
liaisons téléphoniques (cable sectionné à
la ferme du Prieuré à St-Laurent dans la nuit du 5 au
6 juin par une unité spéciale US remarquée par
des habitants).
Progressivement elles ont dû ralentir
leurs tirs, faute de réserves de munitions suffisantes, et ne
tiraient plus que sporadiquement en fin de journée sur les descentes
et notamment celle de Vierville, mais en aveugle, les observateurs ayant
été neutralisés dans leurs postes en milieu de
matinée.
D'après certaines indications, des
réserves de munitions avaient, quelques jours auparavant, été
dispersées par précaution vers l'intérieur, et
n'ont pu être acheminées à temps dans la journée
du 6 juin. Plusieurs camions de munitions ont été détruits
par les chasseurs-bombardiers alliés.
Par ailleurs, de l'artillerie lourde côtière
était disposée à Longues et à la Pointe
du Hoc.
La batterie de Longues (4 x 150mm de marine sous casemate) a
été contre battue par la marine (Arkansas,
Montcalm et Georges Leygues) et a été réduite au
silence rapidement.
La batterie de la pointe du Hoc (6 canons longs Schneider de
155mm dont 2 sous casemate, batterie N°1 du 1260ème Abteilung
d'artillerie côtière -PC à Ryes) avait été
abondamment bombardée avant le jour J, les 3 canons en état
de marche avaient été repliés et camouflés
dans des haies au Sud de la position, ils étaient orientés
sur Utah Beach, mais ils n'ont jamais fait feu le 6 juin. C'est là
qu'ils ont été détruits vers 8h du matin par les
Rangers US débarqués à 7h. D'après certains
témoignages Allemands, les servants de cette batterie était
hors d'état de combattre après une soirée trop
arrosée le 5 juin.
Les 2 batteries de Maisy (du 1716ème régiment
d'artillerie de la 716ème division, soit la 8ème batterie
au WN 84 avec 4 obusiers tchéques de 100mm et la 9ème
batterie au WN83 avec 4 obusiers français de 155mm) étaient
hors de portée d'Omaha Beach. Elles avaient été
fortement bombardées dans la nuit du 5 au 6 juin et leurs pièces
restant en état de marche ont pu être utilisées
contre Utah Beach.
Enfin il faut ajouter à
cet inventaire les batteries motorisées (1/Sturm Flak Korps)
de la défense antiaérienne, soit 36 canons de 88 mm,
et de canons de 20mm et 37mm dispersés au Nord et au sud de la
route Isigny-Bayeux (Mosles, Longueville et Colombières), capables
d'atteindre les villages de la côte, mais non pourvues d'observatoires
sur les falaises.
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En arrière d'Omaha
Beach, les Allemands n'avaient pas préparé de
positions importantes à l'intérieur pour une défense
en profondeur. La défense au-delà de la plage dépendait
largement de l'emploi des réserves locales en contre-attaque.
Ces réserves de la 352èmeDivision étaient
composées du détachement antichar, du bataillon de pionniers
(le Génie) et surtout du Kampfgruppe Meyer:
Le détachement
antichar de la 352ème, le PanzerJäger Abteilung 352
(PC à Vouilly), avec:
- 1 compagnie de 14 ou 15 canons
d'assaut chenillés Marder (II) de 75 mm à la ferme Buhours
de Bricqueville..
-
1 compagnie de 10 chasseurs de chars Stud GIIIG armés de canons
de 75 mm au château de Colombières
-
1 compagnie de 9 canons de 37 mm Flak sur des chassis de camions
Opel, à Pont l'Abbé.
Un petit (500h) bataillon
de Pionniers (Génie) (le 352 Pionere Abt.) était à
St-Martin de Blagny. Il est intervenu dans la nuit du 6 au 7 juin en
contre-attaque, de Louvières vers Vierville.
La division disposait au SE de
Bayeux d'un groupement mobile, dit "Kampfgruppe Meyer", (du nom
de son chef le Colonel Meyer) composé des 2 bataillons du Régiment
915 (PC à St Paul du Vernay, le bataillon 1/915 ayant son PC
à Juaye-Mondaye, le II/915 ayant son PC à Lantheuil) et
du bataillon de Fusillers (PC à La Butte ?) relativement
mobile (un bataillon sur des camions français réquisitionnés,
l'autre bataillon étant sur bicyclette),
Le Groupement Meyer a été dirigé d'abord en fin
de nuit vers les faux parachutistes au sud de Carentan, puis dans la
matinée, avec les blindés du 352 Panzer Abteilung, il
a été partagé entre Omaha Beach et Arromanches
où la percée anglaise menaçait beaucoup plus. Ces
marches et contre-marches, ralenties par l'activité des avions
alliés, l'ont empêché d'intervenir tôt le
6 juin à Omaha Beach.
Plus loin, trois petits
bataillons de la 30ème Brigade Mobile, dont le Q.G. était
à Coutances, pouvaient être utilisés pour une
contre-attaque. Ces bataillons de trois compagnies chacun, étaient
pourvus de moyens de transport permettant un déplacement assez
rapide (quelques véhicules et des bicyclettes).
Les autres réserves mobiles de l'ennemi, y compris la 21ème
division blindée, étaient situées dans la région
de Caen-Lisieux. Les unités américaines étaient
averties d'une contre-attaque blindée possible sur ce flanc à
la fin du jour J. Cette contre-attaque a été limitée
aux secteurs Est (Britanniques) de la tête de pont.
Les trois divisions allemandes
du Cotentin étaient supposées être entièrement
occupées par l'attaque des parachutistes et le débarquement
à Utah Beach.
L'aviation
et la marine allemandes
On pensait que l'aviation allemande ferait
un effort exceptionnel contre les convois alliés et les débarquements.
En dépit de ses très lourdes pertes aériennes pendant
l'hiver, on croyait la Luftwaffe capable de faire 1.500 sorties
le jour J, principalement avec des chasseurs et des chasseurs-bombardiers.
En fait, l'activité aérienne allemande a été
très limitée sur Vierville, avec seulement un passage
sur la plage, en rase-motte, de 2 chasseurs dans la matinée.
Dans les semaines qui ont suivi, la Luftwaffe s'est bornée à
des attaques nocturnes d'avions qui jetaient des mines en mer (plusieurs
navires ont ainsi été détruits) ou des bombes volantes
radioguidées (inefficaces car les Alliés connaissaient
ces armes et savaient brouiller leurs commandes dès que des avions
intrus étaient signalés).
La Kriegsmarine,
au vu de l'écrasante force navale alliée, avait peu de
chances de succès contre les convois d'assaut. Les seules possibilités
se limitaient à quelques raids de harcèlement par les
E-boats (vedettes rapides) sur les flancs des convois et à
des attaques sous-marines par les U-boats des bases de l'Ouest
de la France. La position médiane de la plage d'Omaha l'a protégée
de toute activité de ce genre.
Une position
de radars de la Luftwaffe et de la Kriegsmarine (position "IMME")
était installée à Englesqueville, sur la falaise,
à l'emplacement d'un ancien sémaphore de la Marine Française,
avec 2 radars WURSBURG, 1 radar SEEKAT et 1 radar FREYA. Ces équipements
étaient hors d'usage le 6 juin 1944 a la suite des bombardements
des jours précédents.
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